A
l'âge de 13 14 ans j 'étais en quatrième au lycée
J.B DUMAS d'ALES dans le Gard. A cet âge de puberté
formée on a tendance à regarder ses anciennes copines
de jeux, différemment.
Me faisant remarquer par une jeune prof d'Anglais
du lycée, intriguée plus par mes rêveries que par
mon assiduité aux langues étrangères, elle prenait
plaisir aux heures de sortie à faire un bout de chemin
avec moi chaque fois que le hasard des horaires l'autorisait,
c'est à dire deux ou trois fois par semaine. Souvent
je ralentissais mon pas ou l'accélérais pour être
à sa hauteur et faire la route ensemble. Devant les
copains j'étais très fier car sa beauté alimentait
nos récréations.
Jusqu'au jour où c'est elle qui m'attendait. Cette
routine, pleine d'émotions, dura l'année scolaire,
elle devait être très amusée par ce manège. Sachant
ma passion pour les Beatles, un jour elle me demanda
si j'avais écouté leur dernier 45 tours (à l'époque
c'était des vinyles nommés ainsi) " YESTERDAY " étant
le titre de ce disque. Surpris par une telle question,
je l'informai avec l'assurance du connaisseur qu'il
n'était disponible chez nos meilleurs disquaires que
depuis deux jours. Elle me dit, je sais, je l'ai,
viens l'écouter chez moi demain après-midi.
Très étonné qu'elle s'intéresse aux Beatles et pris
de court je lui balbutiai " non merci " avec un air
sûrement abruti et rouge comme un coquelicot. Elle
insista en riant et me dit : " j'ai quelque chose
d'important à te dire, tu seras le seul à le savoir,
alors je t'attends ".
Le lendemain ma curiosité me poussa chez elle 3ème
étage, palier à gauche d'un immeuble assez cossu de
la ville, pas très loin de chez moi.
Ravie de me voir elle m'assura qu'elle aurait été
très fâchée si je m'étais défilé.
Très vite elle me mit au parfum de ses intentions,
m'annonçant qu'elle était mutée à Montpellier pour
la fin de l'année: c'était la dernière fois que je
la verrai.
Mais avant... 4 heures d'intenses moments dont elle
menait les débats et ébats, c'étais le paradis dans
le paradis, la découverte du beau, du bien, du parfait,
chaleur émotive avec la moiteur de l'inimaginable.
Ne soyez pas étonnés si, par la suite, mon admiration
pour la femme est sans limite. Apprentissage par la
cour du parfait.
Au fait, dans sa discothèque, c'était le seul Beatles
au milieu de grandes musiques symphoniques.