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Dans
mon enfance à l'âge de quatre ans, mes parents offrirent en
cadeau de mariage à des voisins une très belle assiette de
porcelaine richement décorée. A cet âge on croit toujours
que tout est pour vous. Après avoir réalisé le passage éclair
de ce présent je déclarai, avec l'aplomb de l'innocence, je
vais la peindre! pour la garder toujours avec moi. Autour
de moi aucune réaction particulière si ce n'est que je serai
tranquille le temps de mon dessin d'enfant.
Ma
grande sœur me donna une feuille de papier "CANSON" et sa
boite de peinture scolaire à l'eau dite aquarelle. Quelques
heures plus tard je devins l'attraction familiale au vu du
premier tableau de ma vie alors que je ne savais pas lire,
ni écrire, je savais peindre en reproduisant une nature morte
avec en plus la touche puérile nécessaire à la personnalisation
de mon travail. Dans la foulée ce tableau fut encadré et je
devins le Mozart du pinceau en mon sein familial. Par la suite
je repris les pinceaux pour peindre des paysages et natures
mortes. Souvent on encadra mes tableaux, ce qui pour moi était
la confirmation de ma fibre artistique naissante.
A
l'âge scolaire où l'on se lance dans sa première collection
de timbres, je suis tombé en admiration devant un timbre représentant
des femmes en bleues d'Henry MATISSE.
Révélation suprême choc visuel intense, émotion épidermique
volcanique. Cette admiration contemplative fut pour moi, la
vraie peinture, la peinture qui a une âme, mettant au placard
toutes les autres peintures et du coup, me portant un préjudice
terrible sur mes tableaux passés.
MATISSE
c'était du beau,
Moi, c'était de la merde.
En lui, j'avais trouvé mon maître.
De
longues années se sont écoulées, beaucoup trop longues, il
était logique pour moi que, quoi que je fasse, ce serait sans
âme car seul, MATISSE, avait été capable. Par la suite,
malgré des premiers prix en dessin durant mes années de lycée.
C'est le monde du show-biz qui me fascina et m'attira, en
ce domaine j'ai côtoyé un grand nombre de stars, toutes plus
agréables les unes que les autres. C'est dans cette situation
que l'on constate que le monde des artistes a une aura flamboyante
se sont des gens qui donnent aux autres. Par contre les parasites
médiocres qui entourent les stars rendent invivable ce milieu.
Sûrement trop sensible pour perdurer dans ce monde je me suis
longuement retourné vers le monde des affaires.
Là
j'ai découvert une jungle dans laquelle j'ai observé tous
types de comportements, des faux-semblants, aux traîtres,
des miévreux, aux "politiquement incorrect", des larves aux
loups-garous et quelques intéressants souvent décalés comme
moi. Ce sont des gens qui prennent aux autres.
Déçu
par ces deux sphères qui s'entre déchirent, je me suis replongé
dans mes émotions picturales.
LE
CONDOR
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