Toujours
coiffé d'un chapeau noir qui lui donne un air mystérieux,
le peintre alésien Le Condor continue son périple artistique
en lançant le mouvement du sentimentalisme. " Je crée
officiellement un courant. Depuis Warhol et le pot art,
il n'y a pas eu de création. J'ai la folie d'essayer de
faire avancer la peinture avec le sentimentalisme. C'est
la première fois que je ne peins plus des situations visuelles.
Je m'éloigne du figuratif. "
Diantre !
Le Condor serait-il de ces énigmatiques mégalos ?
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Il s'en défend en expliquant que sa peinture " fait ressortir
un fort grâce à la gestuelle. Tout le monde doit se retrouver
dans mes tableaux. "
Sur ses premières toiles, il portait un regard acéré
sur le monde, avec des peintures qui rendaient si mal à l'aise
que certains visiteurs décrivaient son œuvre comme triste,
voire déprimante. Mais Le Condor n'est pas l'un de ces artistes
rabat-joie. Non, c'est même, un jouisseur: " Actuellement,
Je veux montrer le mental des gens. Ils détruisent le bonheur
qu'ils ont à leur portée. Ils devraient jouir des minutes
présentes, apprécier l'esthétique du quotidien, communiquer.
Je témoigne le mal-être. Je me plais à dire que le jour où
les canons de la connerie se refroidiront alors je ne peindrais
que de l'amour. "
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Depuis
samedi et jusqu'au 16 juin, le Condor est l'invité d'honneur
du festival des arts de Souppes, dans la banlieue de Fontainebleau.
L'occasion pour lui de proposer cinquante tableaux avec
de nombreuses toiles récentes comme la vierge cassée (pour
montrer les dérives des gens et leur éloignement par rapport
à la religion). Cette exposition lui permettra aussi de
partager avec le public sa passion de la peinture et d'expliquer
sa démarche : " Les gens ne se reconnaissent pas dans
l'abstrait. En voulant créer un grand courant pictural,
je veux que les gens aient l'envie d'exprimer ce qu'ils
ont vécu. Je veux peindre l'âme, l'intérieur de l'homme.
Il faut avoir beaucoup d'imagination pour ça. "
Le Condor, qui a découvert la peinture en voyant
un tableau de Matisse, veut simplement mettre en scène des
sujets jouant un sentiment comme une chanson de geste. Il
n'y a pas d'artifice, aucun décor. Tout est concentré sur
le détail du geste. A voir bientôt dans la région…?
Y.B. "
MIDI LIBRE " 3 juin 2002.
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